And Also the Trees et Seesayle à l’Abbaye de Forest

JP Rock – OVER-BLOG.COM (CONCERT-REVIEW) – 04/08/2010

Mercredi 4 août, 19h30. Le monde commence à rappliquer devant l’ abbaye de Forest. Fred  » Cerises  » et Dominique Lila n’ont plus à se faire trop de soucis, ce soir ce sera la grande foule ( toute proportion gardée ) pour la date belge de la tournée acoustique de And Also the Trees. Beaucoup de têtes connues, quelques vieux corbeaux, les fans fidèles se sont donnés rendez vous pour voir un groupe devenu « culte ». Fred nous annonce qu’ ayant dû faire face à de légers problèmes techniques (un cobra récalcitrant) et à une panne de courant de + de 30 minutes, le concert annoncé à 20h commencera vers 21h. Qu’à cela ne tienne, ça nous donne le temps de discuter le coup avec les un(e)s et les autres et de faire le plein en cervoises tièdes.

Sur le coup de 21h la salle est bondée, on a même rajouté des chaises par ci par là, c’est à Seesayle que revient l’honneur d’ouvrir les festivités. Seesayle, c’est Cécile Gonay officiant en solo ce soir. Passant du piano électrique à la guitare puis au violon, agrémentant le tout de loops et de samples, la demoiselle nous rappelle quelque peu, par sa voix, Keltia, Nehl Aëlin ou Kate Bush. Plongée dans un univers sombre et gothique elle emporte le public dans le monde parfois inquiétant de ses chansons romantiques , intrigantes ou glaciales (mention spéciale à ‘The Vampire’ très réussi). Hélas, une nouvelle panne de courant viendra interrompre son set après 3 morceaux, mais Seesayle ne se laissera pas démonter et nous offrira 2 chansons a capella en hongrois et en « seesaylien », dans le noir le plus total , certains spectateurs-organisateurs l’éclairant avec de petites lampes torches…bravo ! Une dizaine de minutes plus tard le courant sera rétabli et la belle terminera tranquillement un set sympa non dénué de charme.

Une petite pause permettant aux spectateurs de remplir les godets, se dérouiller les jambes et vider les vessies et voilà on stage les héros de la soirée: And Also the Trees. Ovation du public. Le groupe démarre le set avec ‘Shantell’ (1983) et on constate que le son est excellent dans cette salle, ce qui est de très bon augure. « Candace » suit et la voix de Simon Huw, habitée, est superbe. Sur ce titre on pense à l’univers des ‘Murder Ballads’ de Nick Cave. « Fighting in the Light », « Jacob Fleet », »Lucy », « Accordeon Girl » et le formidable « Macbeth’s Head », dans un style récitatif, d’une dramaturgie inouïe. Chaque musicien est à sa place et assure un maximum. Jolie osmose entre Ian à la contrebasse, Justin à la guitare et à l’accordéon et Emer au dulcimer, melodica et percussions diverses. Justin a toujours ce style particulier faisant sonner sa guitare comme une mandoline. Il double la voix de son frère sur « Suffering the Stream », superbe. Les montées d’émotion sont nombreuses. « Dialogue », « The Street Organ »( tiré de l’album ‘Farewell to the Shade’ en 1989), « Mermen of the Lea », puis vient » Cyclone « et sa mélodie bizarre, presque dansante. « Belief in the Rose « (très attendu) et « Untangled Man » termineront un set en tous points parfait. Le public veut un bis. Le groupe revient, remercie la salle, et offrira pas moins de 5 morceaux en rappel. « Vincent Craine » précède « Wallpaper Dying », suivi d’une plongée dans l’intimisme de « Mary of the Woods ». C’est tout simplement beau. Le public respectueux est silencieux pendant les chansons avant d’applaudir à tout rompre à la fin des morceaux.

Video de Vincent Craine en 1992

And Also the Trees a pris une nouvelle direction. Elle est loin la période post-punk, cold wave, suivie d’une période élisabethaine aux orchestrations d’orfèvres, le band s’oriente vers une noirceur émotionnelle avec les arrangements acoustiques en ligne d’horizon. « There was a man of Double Deed » et un énorme « Virus Meadow » clôtureront un concert classieux sous des applaudissements nourris. Petits saluts et direction le backstage..
Un très beau concert, témoignage d’une carrière bien plus expérimentale et aventureuse que les gilets et chemises blanches des membres du groupe pourraient le laisser croire. Un groupe injustement méconnu, peut- être trop British pour la presse anglaise, mais un talent incontestable qui n’a pas fini de nous étonner…ni de rassembler au cours des ans un noyau de fans fidèles et passionnés.

Mention bravo à Fred et aux organisateurs, qui malgré quelques couacs nous ont fait vivre un concert de qualité dans une salle par trop sous-exploitée.